France Bordeaux
Approvisionnement & Distribution
Equité sociale & Économique
Pertes & Gaspillage
Régimes durables & Nutrition

La Recharge : La première épicerie sans emballage jetable à Bordeaux !

Entreprise

La Recharge

< retour aux initiatives

Le contexte

La loi de Transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015, se donne comme objectif de « lutter contre les gaspillages et promouvoir l’économie circulaire ». Dans le viseur des politiques antidéchets et anti-gaspillage : le plastique et tous ces avatars. 

Depuis juillet 2016, les sacs plastiques à usage unique sont interdits. Avant l'interdiction, ce sont 5 milliards de sacs plastique à usage unique qui étaient distribués en caisse des commerces chaque année en France. Entre 2020 et 2021, l'interdiction du plastique va progressivement s'étendre à de nouveaux produits dits « à usage unique » comme la vaisselle jetable, les touillettes et pailles dans la restauration, les cotons-tiges ou encore les bouteilles d’eau dans les cantines scolaires. Ces interdictions en cascade font suite aux dispositions de la loi Egalim d'octobre 2018, qui a décidé de l'abandon de ces produits plastiques. 

Mais le plastique se retrouve également en quantité pharaonique dans la distribution alimentaire. Chaque année, ce sont 5 millions de tonnes d’emballages qui sont jetés en France et dont seulement 37% sont recyclés ! A l’échelle individuelle, cela représente 150 kg d’emballages ménagers jetés par personne. Pourtant, rares sont les emballages indispensables et de nombreux produits sont ainsi suremballés, non sans conséquence : 

  • POLLUTION : La production d’emballage est extrêmement gourmande en énergie et ressources non renouvelables et polluantes. Les emballages devenus déchets, qu'ils soient incinérés ou enfouis, sont encore sources de pollution des eaux, des sols et de l'air.
  • POISON : Les additifs incorporés aux emballages (phtalate, bisphénol A) se sont révélés toxiques, favorisant certaines pathologies comme la stérilité masculine ou le cancer du sein.
  • COÛT : Les consommateurs payent deux fois le coût de l'emballage. Une première fois en achetant les produits suremballés (l’emballage correspond en moyenne à 20% du prix final d’un produit). Une seconde fois à travers leurs impôts (la gestion des déchets coûte 7 milliards d'euros par an !).

Le projet

C’est ce constat qui pousse deux jeunes diplômés à lancer en juillet 2014 « La Recharge », la première épicerie en France à fonctionner sans aucun emballage jetable. Située en plein cœur du quartier historique de Bordeaux, cette épicerie de vente en vrac vend tous ses produits au poids ou au détail avec pour objectif de réduire le gaspillage et la quantité de déchets ménagers.

Inspirés par quelques initiatives similaires à l’étranger (à Londres, à Barcelone, mais aussi aux Etats-Unis) Jules Rivet et Guillaume De Sanderval mettent neuf mois pour affiner leur offre, se former avec des artisans et des réseaux comme Slow Food, trouver des producteurs, convaincre les banques et trouver un local. Ils lancent une contribution sur internet pour boucler leur budget qui dépasse leurs espérances et leur permet ainsi de mettre concrètement sur pied leur projet d’épicerie alternative.

Aujourd’hui, ce sont une centaine de producteurs du Sud-Ouest qui ont rejoint l’aventure et permettent à l’épicerie bordelaise de présenter un large choix de produits alimentaires mais aussi d’hygiène, de beauté et d’entretien.  

À l’intérieur, on y trouve des légumes, des fruits, mais aussi des farines, huiles, fromages, produits laitiers, céréales, des savons solides à la découpe, des confiseries ou encore du vin, du café, du thé et des épices, jusqu’aux ustensiles de cuisine ! Issus de petits producteurs de Gironde, Dordogne, Charente et Lot-et-Garonne, tous ces produits sont frais, de saison, locaux et en circuit court. Gage de qualité, la provenance de chaque produit est clairement identifiable sur leurs étiquettes.

Comment ça marche des courses « zéro déchet » ?

L’idée est simple : les clients sont encouragés à rapporter leurs propres contenants (tupperwares, cageots, bocaux en verre, sac en tissu etc.) pour les recharger sur place. Sinon, la Recharge a tout prévu et dispose de son propre stock de contenants que les clients peuvent acheter et réutiliser par la suite. Et ce qui ne peut pas être vendu en vrac comme les produits laitiers, est vendu dans des pots consignés.

Du début à la fin de la chaîne, cette épicerie se veut sans déchets ! Pas seulement du côté des clients puisqu’ils rendent aussi aux producteurs leurs contenants d’origine ou se rendent directement chez l’exploitant pour remplir leurs bidons. Le système de cette épicerie encourage également à limiter le gaspillage alimentaire. « On n’est pas obligé d’acheter un kilo si on n’en a pas besoin. Ici, j’ai envie de tester l’huile de noisette, je vais pouvoir remplir seulement un demi-flacon. C’est moins cher, et on évite de gâcher. » - Stéphanie, 37 ans

La Recharge propose donc des produits locaux et de qualité mais aussi de quoi faire son propre potager avec un large choix de semences libres et reproductibles à travers leur partenariat avec l’association Kokopelli.

« Le recyclage n’est pas forcément une solution mais un moindre mal. L’idée est donc de réduire à la source les emballages ».  Jules Rivet, co-fondateur de la Recharge.

Source : Extrait de l’article de Rue 89 : La Recharge, une épicerie qui emballe », daté du 9 juillet 2014.

Résultats

Verdict : des clients heureux ! 

L’engouement pour le modèle alternatif promu par la Recharge a vite dépassé les deux co-fondateurs : après un passage à la TV à l’édition régionale et plusieurs articles de journaux, le succès de cette épicerie atypique n’a pas tardé à se dévoiler. Les centaines de personnes qui se succèdent chaque jour ont été séduit par cette épicerie de quartier qui n’est pas tombée dans le piège de l’épicerie de luxe. En effet, les produits locaux proposés sont moins chers que leurs équivalents emballés des magasins bio car l’absence d’emballage et de contenant permet de réduire les coûts sans rogner sur la qualité. 

Le plus dur reste finalement de gérer la multitude d’interlocuteurs impliqués dans la chaîne d’approvisionnement de l’épicerie. Car qui dit sans emballage dit travail en circuits-courts et en direct avec chaque producteur. Les deux co-fondateurs ne suffisent plus pour gérer à la fois la partie approvisionnement et relations clients, et ils embauchent ! Aujourd’hui, La Recharge a inspiré beaucoup d’autres projets alternatifs à travers le pays.

Le Petit Plus

Disponibles sur leur site internet, la Recharge propose des idées de recettes sur la base des produits proposés dans l’épicerie. N’hésitez pas à aller y faire un tour car Jules Rivet illustre lui-même le site avec de beaux dessins !

La Recharge propose également une série de cours de dégustation pour découvrir la production, la transformation des aliments, mais aussi leurs histoires, leurs marchés, les apports nutritionnels et les enjeux liés à la santé. 

Enfin, grâce à Enercoop Aquitaine, jeune coopérative bordelaise, l'épicerie s'approvisionne en électricité auprès de producteurs d'énergie renouvelable (éolien, hydraulique, photovoltaïque et biomasse). http://www.enercoop-aquitaine.fr/ 

Rédigée par Julie Tourron, volontaire LFC - Mars 2020. 


Dernière modification : 01 Avr 2020.

La Recharge

« La Recharge », la première épicerie en France à fonctionner sans aucun emballage jetable. Située en plein cœur du quartier historique de Bordeaux, cette épicerie de vente en vrac vend tous ses produits au poids ou au détail avec pour objectif de réduire le gaspillage et la quantité de déchets ménagers.

Contact

Jules Rivet