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La stratégie de la criée de Quiberon autour de la valorisation du poisson ikejime et sa contribution potentielle à une pêche plus durable

Collectivité

Criée de Quiberon

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Le contexte

Les criées, ou halles à marées, permettent à des professionnels de la pêche artisanale et industrielle de se rencontrer pour vendre et acheter les apports du jour. Certaines criées, à l’image de celle de Quiberon, adoptent une stratégie propre leur permettant de pérenniser leur activité face à la concurrence de criées plus importantes. Elle propose ainsi un modèle économique alternatif, défendant le « pêcher moins mais valoriser mieux ».

Le projet

Elle développe ainsi depuis 2015 une stratégie visant à augmenter la qualité et le prix de vente des produits de la pêche passant par la criée. Elle s’est spécialisée dans la commercialisation de poissons haut de gamme, maintenus vivants pour être vendus en l’état. Ces poissons sont ensuite abattus par l’acheteur selon la méthode ikejime, technique japonaise séculaire, ou alors vendus déjà abattus en mer par le marin-pêcheur selon cette même méthode. Joseph Melin, reporter qui a accompagné un jeune marin-pêcheur basé à Quiberon qui pratique la méthode ikejime, la définit ainsi : « Moins cruelle, moins douloureuse et moins stressante, la méthode ikejime consiste à tuer instantanément le poisson et à neutraliser son système nerveux le long de la colonne vertébrale. Les influx nerveux ne passent plus à la chair, qui ne reçoit pas l'information de la mort. De ce fait, l'inéluctable processus naturel de dégradation est considérablement retardé. (…) La chair d’un poisson ikejime se conserve mieux et est supérieure gustativement ». Après avoir été abattu, le poisson est mis à maturer durant plusieurs jours. Ce processus permet d’obtenir une chair extrêmement tendre et de conserver le poisson jusqu’à vingt jours au frais.

Pour accompagner les marins-pêcheurs dans cette démarche de qualité, la criée a investi depuis 2015 dans des formations en faisant venir des maîtres japonais de l’ikejime. La criée a également installé de grands viviers pour maintenir les poissons vivants une fois débarqués, avant qu’ils ne soient abattus selon cette technique. La criée de Quiberon est historiquement la première en France à avoir adopté une telle stratégie et elle est la seule parmi les trente-quatre criées françaises à mettre ses installations à disposition des marins-pêcheurs.

Résultats

La méthode offre d’abord un intérêt économique, pour les pêcheurs et la criée : le prix de vente du poisson vivant ou ikejime est en moyenne 25 à 30 % supérieur à celui du poisson abattu classiquement. Au-delà de l’intérêt économique qui avait primé au lancement de la stratégie, la méthode présente des caractéristiques clés pour remplir certaines des conditions d’une pêche plus durable.

En effet, l’intérêt de la démarche est aussi social. En ajoutant de la valeur à ce qu’ils pêchent, en se formant à des techniques exigeantes, les marins-pêcheurs revalorisent la profession. De plus, à travers cette démarche, une relation de confiance s’instaure entre les marins-pêcheurs et les acheteurs qui les choisissent en raison de la reconnaissance de la qualité de leur travail. Cela renforce les liens sociaux dans un métier souvent jugé solitaire.

quiberon
Criée de Quiberon - crédit : Manon Plouchart

D’un point de vue éthique, l’ikejime permet une réduction de la souffrance animale. Le poisson est abattu en quelques secondes, ce qui lui évite la traditionnelle asphyxie et agonie dans le chalut, le filet ou sur le pont du bateau.

L’ikejime est une technique qui ne concerne actuellement qu’une quarantaine de marins-pêcheurs en France et dont les produits s’adressent à un marché de niche, en raison du prix élevé et de la technicité nécessaire. Pour ces raisons, couvrir un marché de consommateurs plus large semble actuellement difficile. En revanche, cette technique encore exotique oblige à repenser différentes dimensions (éthique, environnementale, professionnelle) de la pêche qui pourraient intervenir dans la définition d’une pêche durable.

Cette fiche ainsi que la vidéo ont été réalisées par Manon Plouchart, étudiante du Mastère Spécialisé Innovations et Politiques pour une alimentation durable (IPAD) à Montpellier SupAgro - mai 2021.

Dernière modification : 10 Août 2021.

Criée de Quiberon

Criée de Quiberon Quai de port Maria 56170 QUIBERO

La criée de Quiberon développe depuis 2015 une stratégie visant à augmenter la qualité et le prix de vente des produits de la pêche passant par la criée. Elle s’est spécialisée dans la commercialisation de poissons haut de gamme, maintenus vivants pour être vendus en l’état. Ces poissons sont ensuite abattus par l’acheteur selon la méthode ikejime, technique japonaise séculaire, ou alors vendus déjà abattus en mer par le marin-pêcheur selon cette même méthode.

Contact

Jean-Marc Lize
Directeur de la Criée de Quiberon crieequiberon@ville-quiberon.fr